
Pour connaître la naissance de la Caisse Mutualiste d’Algérie, il faudrait faire un tour dans le passé à savoir l’origine de la mutualité.
L’être humain depuis bien longtemps, avant notre ère, aspirait déjà à protéger les siens contre danger, maladie et tout autre risque qui pourrait entraver leurs épanouissement.
Dans les sociétés traditionnelles, la solidarité collective a été et reste une manifestation d’entraide constante depuis la tribu, jusqu’au niveau de la famille, aussi bien dans les zones rurales que dans les villes.
L’entraide mutuelle libre a été pendant longtemps le seul moyen de protection contre les risques sociaux. Mais cette action sociale s’exerçait sous forme de charité, il y avait des « pauvres » que l’on secourait ; Puis la philanthropie, aspect social de la charité, se soucia d’améliorer les conditions sociales des moins fortunés. En même temps naissait l’association, c'est-à-dire l’effort collectif des intéressés eux-mêmes pour améliorer leurs conditions. Prenons exemple sur :
La Société de Secours Mutuels « SSM », née au XIXe siècle, dans le village d’Hérault en France, avait passé un contrat avec le médecin du village, les gens (cotisants) moyennant 10 francs par an, étaient soignés gratuitement.
Les Habous de la Mecque et Médine à Alger, qui rapportaient en 1837, 122 503 francs, servaient à loger gratuitement les pauvres de la ville, le surplus des revenus étant réservé aux pauvres des villes saintes résidant en Algérie ou en Orient.
Ceux de Sidi Abderrahmane, dont le produit était de 6 000 francs servaient à distribuer chaque semaine de 1 à 3 francs à chacun des indigents de la ville d’Alger (Réf : « L’état intellectuel et moral de l’Algérie en 1830 » - M. EMERIT, revue d’histoire, p.120).
Les lois et les règlements, suivant les régimes politiques et les situations historiques, placeront la mutualité dans un cadre juridique. Ainsi qu’à partir du XIXe siècle, les sociétés de secours mutuels, les mutuelles ou fédérations régies par des textes, donneront naissance au syndicalisme, aux assurances sociales et à la sécurité sociale moderne.
Le premier texte légal consacré spécialement aux sociétés de secours mutuels est la Loi du 15 Juillet 1850. Cette date ne constitue qu'une étape dans l'ensemble du mouvement mutualiste. Le développement du secours mutuel s'est normalement poursuivi tant que la liberté d'association n'a pas subi de restrictions.
C’est d'abord la Révolution de 1789, qui pour des raisons idéologiques (refus de corps intermédiaires) et économiques (désir de lutter contre les excès et le conservatisme des corporations) mit largement en couse le droit d'association et les corporations. Quelques années après des textes nouveaux vinrent atténuer la rigueur du droit commun en faveur des groupements mutualistes, et cela en considération de leurs objectifs particuliers.
La première Loi d'inspiration libérale date donc de 1850, l’article 1er du décret de 1850prévoyait q’une société de secours mutuels devrait être créée dans chaque commune où l’utilité en serait reconnue, tandis qu'il fallut attendre 1884 pour que les syndicats de travailleurs manuels puissent librement s’organiser et 1901 pour les autres associations.
Puis une préoccupation se fit jour, de caractère économique et social : adapter la mutualité libre à la généralisation des régimes de protection obligatoire.
Nous sommes en 1898, une autre étape législative où la nouvelle loi du 1er Avril 1898 permit aux anciennes sociétés de secours mutuels de sortir de la semi clandestinité et de sortir du cadre de « secours ». Une tolérance administrative de plus en plus large se manifesta, notamment dans le domaine de la retraite et les sociétés de secours mutuels pouvaient même étendre leur action à celui des pharmacies et des centres de soins. C’est ainsi que s’est substituée à l’ancienne dénomination celle de « sociétés mutualistes ».
Les moyens d’action s’amplifient désormais. Les sociétés mutualistes n’ont plus seulement pour objet d’assurer des secours temporaires ou des frais funéraires, mais pouvaient ainsi permettre à leurs membres de se constituer des pensions de retraite, décès ou accident… spécialement des pharmacies en faveur de leurs membres.
La loi de 1898 demeura en vigueur près d’un demi siècle, jusqu’à l’Ordonnance du 19 Octobre 1945 fixant l’actuel « Statut de la Mutualité ».
Toute les sociétés, suivant le code de la mutualité, étaient soumises à l’approbation préalable du Ministère du Travail. Les règles fondamentales régissant les sociétés mutualistes sont maintenant contenues dans le code de la mutualité (décret du 5 Août 1949) qui reprend les dispositions de l’ordonnance du 19 octobre 1945 portant statut de la mutualité.
La mutualité existe en Algérie depuis l’institution des lois de 1898, les sociétés de secours mutuels, puis les sociétés mutuelles de France font bénéficier leurs sociétaires détachés ou nommés en Algérie, des avantages consentis à leurs membres.
Ainsi, en 1949 est née la Société Interprofessionnelle Mutualiste d’Algérie (SIMA), approuvée sous le n° 90.154.
Le 29 janvier 1951 naît la Caisse Chirurgicale Mutualiste de l’Algérie (CCMA), elle a passé des conventions avec des hôpitaux, cliniques et centres médicaux afin d’éviter à ses membres d’avoir à avancer les frais médicaux, et vu le succès qu’elle a rencontré elle a créé des agences à Annaba, Constantine et Oran. Elle était classée la 2ème mutuelle en France et en Algérie.
Ces deux mutuelles s’adressait pour le plus grand nombre aux fonctionnaires français en suivant la législation française, alors que le principe de la mutualité est d’être ouverte à tous les travailleurs sans exception et sans distinction aucune ni discrimination.
En 1969 le 16 octobre la « SIMA » et la « CCMA » fusionnèrent pour donner naissance à la CAISSE MUTUALISTE D’ALGERIE « CMA » qui, depuis le jour de sa création ne cesse d’œuvrer pour assurer de plus en plus et les meilleures qui soient des prestations et services.